Une attaque cyber sur une PME industrielle ne paralyse pas seulement l’IT : elle arrête la production, expose la direction à des responsabilités légales (NIS2), et peut coûter plusieurs jours de chiffre d’affaires. Pourtant, les trois rôles clés d’une PME industrielle — direction générale, DSI et responsable d’usine — ne voient pas le même risque cyber. Voici comment les aligner autour d’une stratégie unique et défendable.
Cybersécurité IT/OT : un risque stratégique et légal
Depuis 2025, la directive NIS2 impose à toute PME critique (énergie, eau, santé, transport, industrie) une gouvernance cyber documentée. Un incident de sécurité peut exposer personnellement le PDG et le board à des sanctions pénales et civiles.
Au-delà de la conformité, c’est un enjeu de continuité d’exploitation :
Un arrêt de production d’une journée coûte en moyenne 10% du chiffre d’affaires mensuel (étude Ponemon).
Une fuite de données critiques détruit la confiance clients et peut affecter les contrats à long terme.
Une compromission de systèmes OT (SCADA, automates) expose à des risques opérationnels irréversibles.
Ce que vous devez décider :
Nommer un RSSI stratégique (interne ou externe) pour piloter la trajectoire cyber.
Mettre en place un comité de gouvernance avec reporting régulier au CODIR.
Définir une roadmap NIS2/IEC 62443 claire, avec budget et jalons mesurables.
Segmentation IT/OT, accès, détection : les trois piliers opérationnels
La cybersécurité IT/OT d’une PME industrielle repose sur trois piliers techniques que vous pilotez :
1. Segmentation IT/OT (IEC 62443)
Vos systèmes de production (SCADA, automates, PLC) ne doivent jamais être directement accessibles depuis Internet ou depuis les postes bureautiques. Une segmentation réseau stricte empêche une attaque sur l’IT de se propager à l’OT.
2. Gestion des accès (IAM)
Moins il y a d’accès distants, moins il y a de risques. Mais il en faut pour la maintenance à distance, les prestataires, et les accès en secours. La clé : authentification multi-facteurs, audit des connexions, et révocation rapide.
3. Détection et monitoring
Vous ne pouvez pas arrêter 100% des attaques, mais vous pouvez détecter rapidement celles qui passent. Cela nécessite des outils (SIEM, EDR) et une procédure d’incident documentée.
Ce que la direction attend de vous :
Un inventaire à jour de tous les systèmes IT/OT.
Une cartographie claire des connexions (qui accède à quoi, d’où, comment).
Des indicateurs mensuels (incidents détectés, temps de réaction, preuves de conformité).
Impact cyber sur la continuité de production et les systèmes critiques
Un incident cyber sur une usine n’est pas qu’un problème IT : c’est une menace directe sur votre capacité à produire et à livrer.
Scénarios réalistes :
Une attaque ransomware sur les serveurs de gestion → vous ne pouvez plus planifier la production, gérer les commandes, ni facturer les clients. Arrêt = 24–72h minimum.
Un malware sur un SCADA ou automate → risques de sécurité physique (blessés, dégâts matériels), arrêt forcé de la ligne, perte de contrôle opérationnel.
Une fuite de recettes ou de données de process → avantage concurrentiel perdu, clients mécontents.
Ce que vous devez mettre en place :
Plan de continuité (PRA) : si les systèmes critiques sont down, pouvez-vous continuer en mode dégradé ? Avez-vous des sauvegardes testées régulièrement ?
Sensibilisation d’équipe : les opérateurs doivent savoir qu’un email suspect ou une clé USB trouvée est un risque autant qu’une machine cassée.
Alertes remontées : si quelque chose d’anormal se passe sur les systèmes de prod, quelqu’un doit être alerté rapidement (pas découvert au moment où la ligne s’arrête).
Ce que la direction attend de vous :
Un plan de résilience documenté et testé.
Un temps de récupération acceptable (RTO/RPO défini).
Preuves que l’équipe comprend les risques (tests de phishing, formations).
Une stratégie cyber unique, trois responsabilités complémentaires
Le PDG, le DSI et le responsable d’usine ne peuvent pas piloter la cybersécurité en silos. Une vraie stratégie IT/OT exige :
Un RSSI stratégique qui traduit les risques en décisions, aligne IT et OT, et rend compte à la direction.
Un DSI opérationnel qui implémente segmentation, IAM, monitoring et que le RSSI pilote vers les priorités.
Un responsable d’usine actif dans la gouvernance, conscient des risques cyber sur la production et conscient des impératifs de sécurité (pas juste « l’IT m’empêche de travailler »).
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